Sondage COVID-19 : contrecoups majeurs pour le milieu artistique et culturel de la Mauricie

Communiqué 
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Trois-Rivières, le 16 avril 2020 – Culture Mauricie divulgue aujourd’hui les résultats d’un deuxième sondage qui mesure les impacts financiers, sociaux et psychologiques de la pandémie sur le milieu artistique régional. Un mois après l’annonce du décret gouvernemental d’annuler les représentations de plus de 250 personnes, puis d’interdire tout type de rassemblement intérieur ou extérieur afin de limiter la propagation du coronavirus, Culture Mauricie constate des contrecoups majeurs pour son milieu. Au total, les 90 répondants à ce sondage ont déclaré des pertes estimées à plus de 6 378 000 $ entre le 12 mars et le 10 juillet 2020.

Lourd contrecoup sur le revenu annuel des artistes

Depuis le 12 mars dernier, les artistes/travailleurs autonomes répondants au sondage ont vu leur situation financière considérablement affectée par la pandémie. Les pertes de revenus totalisent 137 587 $, soit une baisse moyenne de 3 200 $ par artiste. Le scénario ne s’améliore guère lorsque ces répondants se projettent dans l’avenir :les baisses de revenus anticipées d’ici le 10 juillet s’élèvent à 350 250 $, soit un retranchement moyen de 7 148 $ par artiste. Additionnées, ces baisses représentent une moyenne significative de 34 % du revenu annuel des artistes.

Les pertes financières sont non seulement occasionnées par l’annulation des événements culturels et la fermeture des lieux de diffusion, mais aussi par l’arrêt ou le report incertain de plusieurs centaines de manifestations culturelles s’y rattachant, sources majeures de revenus pour de nombreux artistes. Parmi celles-ci, les spectacles, les projets/contrats de création, les ateliers de création/formations/cours et les événements/activités bénéfices sont les types d’activités forcées d’être annulées les plus souvent citées par les répondants.

De plus, la fermeture des établissements scolaires engendre également pour de nombreux artistes la perte d’un large éventail de contrats de travail, notamment via le programme La culture à l’école du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, dont 18 % des répondants bénéficient. Par l’entremise de celui-ci, certains artistes offrent parfois dans les écoles jusqu’à plusieurs dizaines d’ateliers de création et de conférences par année.

Ressources financières et humaines précarisées chez les organismes culturels

Plus de 3 000 activités ont été annulées ou reportées au cours des quatre dernières semaines et seront contraintes de l’être d’ici la mi-juillet. Les gestionnaires répondants ont majoritairement signalé des spectacles, séances de projection, vernissages d’exposition, activités scolaires, ateliers de création et animations.

Ces imposantes programmations d’activités forcées d’être interrompues ont entraîné, entre le 12 mars et le 9 avril, une perte de revenus globale de 692 405 $ pour les organismes culturels, soit une baisse moyenne de 20 365 $ par organisation. D’autre part, les gestionnaires d’un organisme culturel envisagent d’ici le 10 juillet des diminutions de revenus qui totalisent 5 141 211 $.

Regroupées, ces pertes représentent une moyenne de 35 % du revenu annuel des organismes culturels. Une tranche considérable de 65 % des répondants constatent d’ailleurs que la crise génère à ce jour un impact négatif de niveau modéré à majeur sur les liquidités de leur organisme. De plus, les répondants entrevoient à 32 % des répercussions négatives sur les ententes contractuelles, contrats de sous-traitance, commandites et/ou partenariats philanthropiques reliés à leurs activités.

La suspension des activités des organismes culturels oblige aussi certains gestionnaires à effectuer des coupes provisoires au sein de leur personnel. Depuis le 12 mars, 39 % des organismes répondants ont procédé à des mises à pied temporaires d’employés et 21 % estiment qu’ils devront en faire d’ici le 10 juillet, ce qui totalisera près de 500 mises à pied.

Ajoutons que les gestionnaires d’organisme culturel doivent, de surcroît, jongler avec plusieurs autres enjeux de ressources humaines liés à la pandémie tels qu’une baisse préoccupante de la charge de travail de certains employés, un manque d’aisance du personnel dans l’utilisation des technologies informatiques qui permettent le télétravail, la difficulté des parents à effectuer à distance leur temps de travail régulier en raison de la fermeture des centres de la petite enfance (CPE) et des écoles, une carence de travail pour de nombreux pigistes et l’éventuelle non-reconduction de contrats d’embauche d’étudiants et/ou de travailleurs saisonniers.

Adaptation de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) à la réalité des créateurs

Questionnés sur les mesures gouvernementales et/ou municipales qui seraient les plus appropriées à leur situation, les artistes/travailleurs autonomes et les gestionnaires d’organisme culturel considèrent, de façon majoritaire, que la PCU est à ce jour la solution la plus viable. Les nouvelles conditions d’admissibilité à ce programme ont été revues et répondent maintenant aux préoccupations exprimées dans le sondage.

Incidences sur la santé psychologique

À la lumière des témoignages obtenus, on constate que 68 % des artistes/travailleurs autonomes considèrent se trouver actuellement dans un bon état psychologique. Toutefois, 32 % qualifient leur état de mauvais ou de neutre. Plusieurs répondants ont confié vivre de la déprime, de l’anxiété et/ou de l’inquiétude. D’autres ont aussi manifesté le besoin d’avoir accès à du soutien psychologique pour parvenir à mieux traverser cette période de chamboulement.

Dans une volonté incessante d’aider au meilleur de ses capacités la communauté artistique à faire face à la crise du coronavirus, Culture Maurice s’engage à travailler de pair avec les instances gouvernementales pour assurer la préservation et la pérennité de l’écosystème culturel régional. L’équipe continuera également, dans les prochaines semaines, de prêter attentivement l’oreille aux préoccupations des artistes et organismes culturels dans le but de documenter les impacts sur le milieu culturel et de soutenir les acteurs qui le composent.

Quelques données graphiques

À propos du sondage

Culture Mauricie a réalisé ce second sondage entre le 27 mars et le 9 avril 2020. Le questionnaire a permis de collecter les données de 90 répondants, soit 51 artistes/travailleurs autonomes et 39 gestionnaires d’organisme culturel œuvrant dans les secteurs des arts de la scène, des arts visuels, des arts médiatiques, de la littérature et du patrimoine.

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Source :

Éric Lord, directeur général
Culture Mauricie
819-371-5677

 


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