Rebelles

Dans un contexte où il y a confusion entre le droit à la diffamation et le droit d’expression, où l’austérité et la rigueur administrative sont devenues synonymes, où l’ouverture au monde et la reconnaissance de soi sont en concurrence, où la démocratie et le « tripotage » politique se confondent et où le bien commun est remplacé par la consommation et la surexploitation des biens, le monde de la culture doit se ressaisir, reprendre la parole, cesser d’être à la solde des producteurs, des faiseurs d’images, de cette industrie du conformiste, de la bonne entente, de cette uniformisation de la culture trop souvent anglophone.

Comme le soulignait si bien la thématique des Grands Prix culturels de Trois-Rivières cette année, les artisans de la culture doivent redevenir REBELLES. À partir de ce qu’ils sont, de ce qu’ils veulent devenir, sans renier leurs origines, et surtout, sans se vendre au plus offrant.

Au-delà du divertissement et de l’occupationnel, les créateurs culturels doivent reprendre leur rôle d’objecteurs de conscience au nom du bien commun, de la liberté, et cela, en solidarité avec leur communauté d’appartenance.

L’histoire du Québec, c’est celle d’une culture unique et résiliente, portée par des créateurs, des artistes, des écrivains, des poètes qui ont eu le courage de confronter l’ordre établi, de résister à la facilité et de se révolter contre l’inacceptable. Dans un contexte où le peuple du Québec est en recherche d’identité et de cohésion sociale et politique, les artisans de la culture peuvent devenir des catalyseurs, des porte-paroles de cette culture québécoise en transition et en pleine effervescence.

D’ailleurs, c’est en côtoyant les artistes, les écrivains, que nous apprenons mieux qu’auprès de quiconque, que nos aspirations individuelles et collectives, que les combats que nous menons et les causes que nous épousons sont nécessaires. Nous devons impérativement arrêter d’être : 

  •  les fous du roi – lire ici les Américains – ce « roi » qui étend son hégémonie dans presque tous les domaines de la vie économique, politique et culturelle;
  •  les fous de la consommation, qui poussent la folie jusqu’à l’aberration lorsqu’on constate que les 1 % plus riches possèdent plus que les 99 % restants;
  •  les fous du statu quo qui favorisent sans discernement les élites locales et les conformistes aux dépens de la majorité de la population;
  •  les fous de la cote d’écoute qui érigent en système le culte du vedettariat et qui valorisent la vente de billets et les états financiers au détriment de la création artistique dans sa plus pure expression et de la culture.

Les artisans de la culture peuvent changer le monde, peuvent réécrire le monde; il n’en tient qu’à eux d’identifier les bons mots, en fonction des bons maux et de redevenir tout naturellement rebelles

Guy Rousseau
Directeur général, Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie
Administrateur, représentant à la commission Développement / Organismes de formation, de défense ou de promotion, Culture Mauricie

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