Cinq bonnes raisons pour prendre la parole le 20 juin

RENOUVELLEMENT DE LA POLITIQUE CULTURELLE DU QUÉBEC
Cinq bonnes raisons pour prendre la parole le 20 juin

Le 15 février dernier, l’ex-ministre de la Culture et des Communications, Hélène David, lançait les travaux pour renouveler la politique culturelle du Québec. Une démarche d’envergure qui guidera  la vie culturelle et artistique pour les 20 prochaines années minimum. Démarche sincère et bien intentionnée pour adapter le système culturel québécois à un monde en pleine transformation ou manœuvre politique de diversion, comme certains l’ont prétendu, pour faire oublier les coupures du gouvernement dans notre secteur? Je vous laisse le loisir de choisir. Mais si vous doutez de l’importance de prendre la parole le 20 juin prochain lors des consultations publiques qui auront lieu dans notre région, voici 5 bonnes raisons qui devraient vous convaincre de ne pas laisser passer pareille occasion.

1. Pour une vie culturelle riche et dynamique en région

À tout seigneur tout honneur, il faut commencer par le commencement : écrire noir sur blanc que la vie culturelle en région est une priorité pour le Québec. Il faut dire à notre nouveau ministre que l’identité du Québec doit se forger sur l’expression de chacune de ses composantes régionales. Que cette vie culturelle des régions a besoin d’être considérée comme un élément précieux et essentiel à l’expression de notre personnalité collective qui façonne la manière de nous voir et de nous reconnaître. Si vous doutez de l’importance de porter ce message, sachez que  cet enjeu n’a pas été soulevé par la ministre lors de son discours pour lancer les travaux, que la préoccupation est plus ou moins bien positionnée dans le document de consultation et que personne des régions ne fait partie du comité des sages qui accompagne le ministre dans sa démarche… Mais Dieu merci, notre nouveau ministre provient de l’Estrie.

2. Pour le soutien à la création

Participation citoyenne, médiation culturelle, culture pour tous. Ces mots vous sont sans doute familiers. Sinon, sachez que vous vous relevez d’une longue période d’hibernation. Ces vertueuses et nobles préoccupations sont aujourd’hui un courant de pensée et d’intervention qui prend une place grandissante chez nos décideurs. Si tout le monde est pour la vertu (sauf quelques politiciens, mais bon…), il ne faut pas oublier que nos créateurs sont à la base de notre vie culturelle et artistique. Dans un contexte de ressources limitées, ces préoccupations sont en concurrence directe. Il n’est pas question ici de faire l’un ou l’autre, mais bien de ne pas faire l’un au détriment de l’autre. Si vous croyez que la voix des créateurs est avantageusement portée, restez chez vous. Dans le cas contraire, communiquer vos convictions ne serait pas une mauvaise idée.

3. Parce que l’éternité c’est long longtemps

Oui, « surtout vers la fin ». Dans un monde où tout change à la vitesse méga et giga, adopter une politique qui sera la base de la vie culturelle pour 20 ou 25 ans, c’est une éternité. Alors, comme c’est long longtemps, il serait bien de ne pas manquer notre coup et de s’assurer collectivement que ce travail reflète le mieux possible la réalité qui nous est propre. Pour ce faire, un maximum de voix doit se faire entendre. Alors pourquoi pas la vôtre? La corvée de lavage peut bien attendre.

4. Une politique, ça crée du momentum

Qu’est-ce que le momentum vient faire là-dedans... Pour ceux qui l’auront oublié, nous vivons dans un monde compétitif. Chaque préoccupation, chaque produit, chaque service est en compétition sur les ressources. Les ressources de nos gouvernements et les ressources de notre portefeuille. L’un étant directement lié à l’autre et inversement. Bon!  La santé, première priorité du gouvernement Charest, l’éducation, première priorité d’André Boisclair, faire les séries, première priorité du reste du Québec… vous comprenez l’idée. Plus nous serons nombreux à dire que la culture c’est important, plus nous serons entendus. Maintes fois entendu, notre message se transformera en conviction. Une fois devenu conviction, notre message pourra alors franchir le quasi impénétrable mur du Conseil du trésor du Québec et, qui sait, pourra-t-on assister alors à un réinvestissement en culture. La méthode est garantie plus efficace que les lampions.

5. Une politique, ça fait des grosses affaires

Ben oui, pour les « climato-sceptiques » qui me lisent actuellement, sachez que la politique culturelle adoptée en 1992 a été à l'origine de la création du CALQ et de la SODEC notamment. Deux outils incontournables qui ont animé le développement du Québec des dernières décennies. Alors quels seront les prochains outils de développement dont nous nous doterons, quels seront les enjeux auxquels nous nous attaquerons… la parole est à vous. Un court mémoire, une prise de parole en consultation suffisent. Le ministre sera là pour vous écouter. Je vous garantis que ça aura plus d’impact que votre dernière envolée avec le cousin Gérard au Pub chez Ti-Père.

Éric Lord
Directeur général
Culture Mauricie