SE DONNER À 1 %

Bon, je dois vous l’avouer, j’ai eu une petite montée de lait la semaine dernière avec l’annonce du projet artistique retenu pour l’Amphithéâtre de Trois-Rivières sur Saint-Laurent, une œuvre d’envergure installée face à l’entrée principale. Ce projet majeur qui aura une très grande visibilité doté d’un ronflant budget de près de 170 000 $ est attribué à un artiste de… Québec. Pire encore, la nouvelle diffusée par l’Hebdo Journal soulignait qu’aucune des quatre propositions soumises pour ce projet ne provenait des artistes de notre région. Mais comment cela est-il possible? N’avons-nous pas de nombreux et talentueux artistes en arts visuels en Mauricie? J’ai repris mon calme… et fait ma petite enquête. 

Ce qu’il faut d’abord savoir, c’est que ce projet s’inscrit dans le cadre du programme d’intégration de l’art à l’architecture du ministère de la Culture et des Communications du Québec, les fameux projets dits du 1 %. Un programme qui, comme bien d’autres, a son lot d’exigences et dont les règles sont clairement définies. À la base, les artistes doivent s’inscrire à une banque nationale d’artistes et être acceptés par un comité de spécialistes. Cette banque permet aux membres des différents jurys de connaître le travail des artistes qui y figurent avec description et photos. Lors de projets, une première sélection est faite par un comité en fonction des objectifs, des contraintes et des attentes du promoteur. Dans le cas présent, comme le budget est important, une présélection d’une cinquantaine d’artistes a été faite sur une base nationale. De ce groupe, le comité d’évaluation du projet invite de trois à cinq artistes à soumettre une maquette pour laquelle les participants sont rémunérés en vue de la sélection finale. Au moins une de ces personnes doit provenir de la région.  

Pour l’Amphithéâtre, le comité a fait appel à quatre artistes, dont un de notre région. Puis, au final, la meilleure proposition a gagné. Donc, rien à dire, le processus a été suivi à la lettre. L’enquête de Sherlock Lord ne conduit à aucune accusation. Que des hypothèses et des suspects pour comprendre la situation. Première hypothèse : est-ce parce qu’il manque d’artistes de notre région au fil d’arrivée? La réponse semble être toute simple : nous n’avons pas beaucoup de monde sur la ligne de départ. Seconde hypothèse : est-ce par manque de qualité? Pas sérieux. La région regorge de talents. Suspect numéro 1 : une méconnaissance du programme. Oups! Suspect numéro 2 : les modalités de participation sont perçues comme trop complexes. Hum!

Ce qui est certain c’est qu’il faut faire en sorte que ce type de projets arrête de nous passer sous le nez. L’information se dessine comme un enjeu stratégique. La prochaine inscription à ce répertoire  sera le 15 avril prochain. Soyez assurés que l’équipe de Culture Mauricie donnera son 110 % pour ces 1 %. 

Éric Lord
Directeur général
Culture Mauricie