Un nouveau Laboratoire de recherche sur les publics de la culture

Photo : Daniel Jalbert
 Jason Luckerhoff, codirecteur du Laboratoire de recherche sur les publics de la culture,
Claude Martin, conférencier, professeur à l’Université de Montréal,
Jacques Lemieux, conférencier, professeur à l’Université Laval et Hervé Guay, codirecteur du Laboratoire.

Par : Rédaction EnTête, le 10 décembre 2015.

Le tout nouveau Laboratoire de recherche sur les publics de la culture, fondé et dirigé par Hervé Guay et Jason Luckerhoff, professeurs au Département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivièrees (UQTR), a lancé ses travaux le 9 décembre dernier, en présentant une conférence gratuite et ouverte à tous portant sur les publics et l’industrie du livre.

Jason Luckerhoff, codirecteur du Laboratoire de recherche sur les publics de la culture, Claude Martin, conférencier, professeur à l’Université de Montréal, Jacques Lemieux, conférencier, professeur à l’Université Laval et Hervé Guay, codirecteur du Laboratoire.

Les deux conférenciers sont d’ailleurs des spécialistes reconnus des industries culturelles. Jacques Lemieux a mené une carrière à titre de professeur de communication à l’Université Laval, tandis que Claude Martin vient de prendre sa retraite du Département de communication de l’Université de Montréal. La question du livre et du numérique a été abordée dans cette conférence intitulée «Les publics de la culture: Première et Seconde batailles du livre».

Selon Jacques Lemieux et Claude Martin, le développement des entreprises et des organismes québécois liés au livre peut être considéré comme un succès. Pour Jacques Lemieux, «ce succès s’explique en bonne partie par l’adoption d’un modèle de gouvernance alliant les forces du marché et celles d’une régulation fondée sur l’alliance des pouvoirs publics et privés.» Claude Martin ajoute que «le modèle québécois n’est peut-être jamais aussi évident que dans le domaine culturel.»

Remise en question du modèle québécois

Le modèle québécois est présentement remis en question par certains acteurs. «Au même moment, il y a stagnation ou déclin du public lecteur. Par ailleurs, on pourrait s’inquiéter de l’intégration des immigrants à la culture francophone. Or, les anglophones du Québec consomment peu la culture francophone, mais les allophones, au contraire, sont de grands consommateurs de culture francophone. Leur intégration culturelle se fait, selon les chiffres, plutôt bien. Finalement, les jeunes générations ont un rapport différent à la culture. Les institutions devront s’adapter pour les accueillir», a mentionné Jacques Lemieux, lors de la conférence.

L’impact du numérique

Ce modèle est cependant remis en question par l’avènement du numérique, qui impose quatre défis importants au monde de l’édition: la technologie numérique s’avère captive des multinationales du livre (Amazon, Apple). Le livre imprimé devient un produit dérivé du fichier numérique, l’avenir des librairies et bibliothèques est moins prévisible et de nouvelles formes d’écriture apparaissent dès lors que de nouvelles formes de lecture sont adoptées. Pour les conférenciers, le rôle de l’État demeure crucial dans les aménagements qui doivent être apportés au Modèle québécois dans ce domaine.

«Les libéraux et les péquistes, au Québec, ont contribué historiquement à construire le modèle culturel québécois. Il y a quatre types d’acteurs: les professionnels rencontrés dans le cadre de processus de consultation, les entreprises culturelles, les sociétés d’État et le gouvernement et ses appareils centraux. Il y a trois instruments majeurs: les programmes de soutien public, les crédits d’impôts et les prêts et garanties de prêts aux entreprises. Or, il y a aujourd’hui affaiblissement de la consultation de certains lieux. Il y a un plafonnement des crédits et même une baisse», a affirmé Claude Martin en conférence.

Mission de recherche

Par ailleurs, le professeur Hervé Guay a précisé que «l’un des objectifs du Laboratoire est de fédérer les chercheurs de l’UQTR qui travaillent sur la culture autour d’un objet de recherche commun.» Pour le professeur Luckerhoff, «il est aussi important que notre laboratoire valorise le partage des connaissances avec le milieu. Nous avons l’intention d’être très proches des professionnels des différents domaines du milieu culturel.» Cette conférence a permis à des professeurs de l’Université Laval, de l’Université de Sherbrooke, de l’Université de Montréal et de l’UQTR d’échanger avec des étudiants à la maîtrise et au doctorat qui s’intéressent aux publics de la culture.