Élections fédérales : Une partie à ne pas manquer 

La campagne électorale 2011 a débuté sur un air de déjà vu. Les pièces semblaient distribuées de la même manière sur l’échiquier. Un fou à gauche, une reine à droite, une tour au centre, un cavalier qui veille dans son coin et un pion qui n’est pas sur la table de jeu. Le résultat lui, prévisible : un gouvernement conservateur minoritaire devant qui se dresse un Bloc québécois fort de sa énième percée au Québec, des libéraux toujours en mal de leadership, un éternel sympathique bon dernier, le NPD, et puis les Verts… Mais voilà que les électeurs s’invitent dans la campagne et font trembler les fondations. Que nous réserve ce 2 mai? Bien malin celui qui peut prédire avec certitude le dénouement de cette journée. Les enjeux sont cependant énormes pour le secteur des arts et de la culture. Les conservateurs doivent être tenus en échec.

Quatre stratégies

Le  MAL (Mouvement pour les arts et les lettres) ainsi que la Conférence canadienne des arts ont tous deux interpellé les principaux partis politiques sur leur plateforme respective en ce qui concerne le secteur des arts et la culture. Quatre de ceux-ci ont répondu et présenté leurs principaux engagements. De manière générale, tous s’entendent pour augmenter et stabiliser le financement du Conseil des arts du Canada. Les Libéraux promettent même d’y injecter jusqu’à 380 000 $. La révision de la loi sur le droit d’auteur sera aussi sur la table de travail des partis tout comme le retour de mesures pour soutenir les initiatives à l’international et ainsi faire oublier les douloureuses coupures des programmes Promart et Routes commerciales. En fait, les arts et la culture semblent faire partie des enjeux importants tant pour le NPD, le Bloc québécois, les Libéraux que le Parti vert.

Un refus de jouer

Évidemment, ce qui pourrait être un véritable portrait bucolique pourrait s’apparenter davantage à une pochette de death metal. Il y a une menace qui ne se manifeste pas de manière tonitruante dans les points de presse et les publicités télévisées. Non, elle s’exprime dans le silence. Le plus profond et parfait des silences. Invité par le MAL et la Conférence canadienne des arts à faire part de ses engagements, le Parti conservateur a préféré ne pas répondre. Comment interpréter ce vide? La réponse est limpide. Les conservateurs évitent le sujet parce qu’ils ont un profond malaise avec notre secteur. Ils ont encore frais à la mémoire les mouvements de protestation qui leur ont coûté un gouvernement majoritaire. Mais il y a aussi un autre silence, celui qui plane sur toutes les questions qui concernent des coupures de 11 milliards annoncées dans le programme conservateur pour réduire le déficit. Y a-t-il un lien à faire? Bien sûr. Et bien sûr, il faut envisager plus que jamais le vote stratégique. Mais qui pourra faire échec et mat à un gouvernement majoritaire conservateur? Il faut maintenant jouer les bonnes pièces. C’est le temps de roquer! Bonne partie!

Éric Lord
Directeur général, Culture Mauricie