Choix de société : une réflexion

L’enseignement des arts visuels au niveau supérieur est arrivé avec la création des Universités du Québec à la fin des années 1960, début 70. Elles se sont implantées dans plusieurs régions et ont permis à des milliers de jeunes d’accéder à des formations qui leur permettraient de développer leur talent.

L’émergence de nombreux diplômés en arts plastiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières depuis près de 40 ans a contribué à la mise en place d’un bon nombre de nos industries culturelles, de centres d’artistes et de lieux de diffusion ici en Mauricie. Quel aurait été le portrait culturel de notre région sans la présence de l’université et son accessibilité? Les effets bénéfiques de certains programmes sont particulièrement importants pour notre région, ils ont attiré et gardé plusieurs générations de jeunes qui se sont impliqués chez nous.

La valorisation des études universitaires pour les disciplines artistiques est récente et encore fragile. Faire des études universitaires en arts visuels n’est pas la garantie d’un emploi automatique à la sortie, ni même la possibilité de hauts salaires qui permettraient de rembourser rapidement les dettes d’étude. Alors, comment ignorer le combat des étudiants contre la hausse des droits de scolarité? Les étudiants du Québec manifestent pour exprimer leur droit à l’éducation abordable pour tous. Leur moyen de pression qu’est la grève soulève les passions et fait naître des débats qui dépassent largement le simple aspect économique et qui ramènent à l’avant-plan les valeurs de sociale démocratie que le Québec de la révolution tranquille s’était données.

Lutter pour l’accessibilité aux études supérieures, c’est lutter pour une société qui valorise la culture au sens large.

Aline Beaudoin
Artiste en arts visuels
Administratrice, représentante à la commission Arts visuels | Individus, Culture Mauricie