UN ÉVÉNEMENT QUI PREND DE LA PLACE!

« Les arts visuels ça n’intéresse personne… », ironisait notre directeur Éric Lord dans son éditorial du dernier bulletin. Avec de forts arguments et de solides statistiques, il démontrait ensuite qu’au contraire ça intéresse pas mal de monde. Je suis bien d’accord et pour le souligner, je vais vous parler d’un événement en arts visuels.

Parmi la multitude d’activités culturelles que nous avons vu passer pendant la période estivale, il y en a une qui m’intéresse particulièrement car elle s’est démarquée par sa multiplicité, sa grande qualité artistique, sa diversité et ses nombreux points de chute. Elle comptait des centaines d’œuvres d’artistes professionnels de partout, elle a envahi les espaces de plusieurs centres d’exposition de Trois-Rivières et de la région durant tout l’été et en plus, elle était gratuite! Je vous parle ici de la 8e Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières qui est plus qu’une grande exposition mais un événement en soi qui a pris beaucoup de place!

Depuis 1999, la Biennale n’a cessé de grandir. L’équipe de la BIECTR s’applique à présenter, tous les deux ans, un des plus grands événements consacrés à l’estampe contemporaine en Amérique du Nord. Au fil des ans, elle a su renouveler son implication et élargir ses activités en s’associant à des institutions muséales, des centres d’exposition reconnus et des collectifs d’artistes de chez nous. La présentation de projets audacieux et originaux a mis en valeur les œuvres d’artistes engagés et passionnés par l’art d’impression. Plus d’une quinzaine d’expositions et d’événements ont été présentés à Trois-Rivières, à Champlain, à Shawinigan et aussi sur la rive sud du fleuve, à Nicolet et à Odanak.

Les visiteurs qui ont eu l’occasion de fréquenter le Centre d’exposition Raymond-Lasnier, la Galerie d’art du Parc, le Musée Pierre-Boucher et l’ancienne gare ferroviaire ont pu découvrir le choix des jurés : une sélection de 330 estampes originales réalisées par plus de 58 artistes en provenance de 22 pays. De plus, qui n’a pas remarqué en se promenant dans le parc Champlain ou en passant sur la Place de l’Hôtel-de-Ville, de grandes images insolites dans les vitrines de la bibliothèque? C’est le volet numérique, propre aux nouvelles technologies, preuve que l’estampe est un art actuel et bien vivant. Et pour clore ce grand tour, de nombreuses expositions parallèles dans des lieux rarement voués aux arts visuels comme le Musée québécois de culture populaire qui a permis à des artistes de s’inspirer des objets de sa collection ou le Musée des Abénakis, qui présente une collection unique de gravures contemporaines inuites, et plus encore… le plus beau, c’est que tout ça ou presque, est encore visible jusqu’au 8 septembre.

Diffuser des oeuvres de grande qualité et de toutes cultures, faites par des artistes de partout dans le monde et les rendre accessibles à un large public, c’est le pari que s’étaient donné les organisateurs : une toute petite équipe d’artistes passionnés, dont la vision pour la promotion et le développement d’un événement d’envergure en arts visuels pouvaient se réaliser en dehors des grands centres.

Voilà, c’est la 8e édition qui se termine et nous pouvons en saluer la réussite : le public était au rendez-vous, les magazines artistiques, les médias, les journaux locaux et nationaux l’ont couverte; des collectionneurs venus des grandes villes ont fait de bonnes affaires et des visiteurs de partout dont de nombreux artistes étrangers sont venus voir à Trois-Rivières cette biennale d’estampe qui a fait sa place chez nous et qui est maintenant reconnue dans le monde entier. Avis aux intéressés, vous avez encore le temps d’aller visiter, c’est ouvert jusqu’au 8 septembre prochain.

Aline Beaudoin
Artiste en arts visuels
Administratrice, représentante à la commission Arts visuels | Individus
Culture Mauricie