Élections 2015 // Conservateurs : une chaise vide pour la culture

Question de bien informer le milieu de la culture ainsi que la population préoccupée par les enjeux culturels, Culture Mauricie a lancé l’invitation aux quatre principaux partis politiques en lice dans la présente campagne électorale en Mauricie pour réaliser des capsules vidéo dans lesquelles les candidats devaient répondre à une question : « De quelle manière vous et votre parti allez soutenir le secteur des arts et de la culture en Mauricie? » Tour à tour, Robert Aubin du NPD, François-Philippe Champagne du Parti libéral du Canada et Sacki Carignan Deschamps du Bloc québécois se sont prêtés au jeu et ont présenté leurs engagements. Un grand absent, le Parti conservateur.

Malgré nos invitations persistantes auprès de la formation de Stephen Harper, personne n’a trouvé les quelques minutes nécessaires pour informer les électeurs. Cette situation soulève de nombreuses questions. Comme organisateur de cette initiative, il est bien dommage de constater que nous n’avons pas pu présenter un tour d’horizon complet qui aurait alimenté la réflexion en vue du choix que nous aurons tous à faire le 19 octobre prochain. Comme représentant du milieu culturel cependant, cette absence est inacceptable et s'apparente à une forme de mépris envers notre secteur. Car il faut mettre cartes sur table, cette absence n’est pas le résultat d’un conflit d’horaire de candidat. Elle s’inscrit dans une stratégie délibérée pour ne pas aborder un sujet mal-aimé de la base électorale du parti. Les conservateurs n’ont pas répondu aux questions de la Coalition canadienne des arts, pas plus qu’ils n’ont répondu à la Guilde des musiciens du Québec.

Ce mutisme témoigne aussi d’une profonde méconnaissance de notre secteur et de sa contribution à l’économie canadienne. En fait, les arts et la culture représentent 3 % du PIB au Canada, soit une contribution de 48 milliards $. En termes d’emploi, cela représente plus de 650 000 personnes. Question de mettre le tout en perspective, cela représente un poids plus important que de nombreux secteurs dont celui de l’agriculture et celui de la forêt. Pour les gouvernements, cela se traduit par des revenus de 25 milliards en taxes et impôt. Pendant que les conservateurs laissaient une chaise vide témoigner de leur engagement envers les arts et la culture en Mauricie, le candidat Maxim Bernier rencontrait l’UPA de sa Beauce natale…

En fait, il serait plus que temps pour ce parti de se débarrasser de ses œillères et de porter un regard objectif sur l’économie canadienne. Il y verrait un secteur stratégique porteur en pleine croissance. Un secteur qui vaut vraiment la peine qu’on s’y attarde. Un secteur qui vaut certainement 2 minutes dans une campagne qui en dure 112 320.

Éric Lord
Directeur général
Culture Mauricie