Conservatoire : et si on recommençait par le commencement?

Mercredi 1er octobre 2014, madame Hélène David, ministre de la Culture du gouvernement du Québec affirme que la mission des conservatoires sera finalement préservée en région en espérant donner le clap de fin d’une histoire au scénario plus que bancal qui a duré plusieurs semaines.

Nous ne saurons vraisemblablement jamais ce qui s’est réellement passé dans ce dossier. Une histoire où un gouvernement a donné des consignes fermes de coupures dans tous ces réseaux et où, par excès de zèle et manque d’imagination, une structure centralisée a choisi la voie la plus simpliste, la fermeture des conservatoires en région, pour sauvegarder ses chasses gardées de Montréal et de Québec. Toutes ces courbures de bon élève de la culture de l’austérité aveugle pour finir par être rappelé à l’ordre fermement et sévèrement sur la place publique par une ministre apparaissant habilement et au bon moment en phase avec un milieu culturel bouillonnant et revendicateur. Comme quoi, la soumission n’est pas bonne conseillère. D’ailleurs, les dirigeants du réseau des conservatoires doivent se demander aujourd’hui s’ils ne se sont pas fait légèrement instrumentaliser par le gouvernement… à moins que ce ne soit le contraire?

Pendant cette période où un ballon d’essai a été envoyé pour tester la capacité de réaction des principaux concernés, le milieu culturel du Québec, et en particulier celui de la Mauricie, a su très bien réagir. Lors de l’assemblée générale de Culture Mauricie du 18 septembre dernier, les membres présents ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’avenir du Conservatoire de musique de Trois-Rivières et ont rappelé avec force son importance vitale dans le développement de la culture en Mauricie. La mobilisation exemplaire du milieu culturel, sa créativité dans l’expression de son désaccord et le souhait régulièrement affiché de vouloir réformer le conservatoire à la condition de ne pas toucher à sa mission première ont permis au mouvement de ne pas se faire enfermer dans un rôle de contestataire hostile au moindre changement, mais d’apparaître plutôt comme une force positive ouverte aux évolutions. La plupart des intervenants qui se sont exprimés n’ont pas dit autre chose, ils veulent tous participer aux solutions qui vont permettre aux conservatoires de trouver un nouveau modèle qui va pérenniser leur existence.

Cette crise a eu au moins l’avantage de montrer aux décideurs politiques et au grand public que non seulement le développement du Québec était indissociable de son rayonnement culturel, mais que les intervenants culturels étaient des gens d’action et de solution (comment pourrait-il en être autrement pour construire sa vie en culture?) et prêts, si on prend la peine de les consulter, à mettre leur talent, leur sens de l’entrepreneuriat et leur créativité au service de la collectivité.

Aujourd’hui, toutes les conditions semblent donc réunies pour reprendre le dossier comme il aurait dû commencer: en réunissant autour d’une même table les responsables politiques et les acteurs culturels concernés afin qu’ils travaillent ensemble pour développer les conservatoires du Québec et assurer la pérennité de leur mission que tous jugent essentielle.

Thomas Grégoire, vice-président, Culture Mauricie
Commission Arts de la scène | Organismes, entreprises ou collectifs d'artistes
Directeur adjoint-responsable marketing, communication et partenariat, Festivoix