GRANDS MOYENS ET PETITS GESTES


Vivre de son art est l’aspiration de bien des artistes. Avoir les moyens de ses ambitions est celui des organismes culturels. Même si c’est avant tout le plaisir de créer qui nous anime, les besoins financiers font inévitablement surface.

Dernièrement, deux initiatives m’ont rappelé que chaque geste, petit ou grand, compte lorsqu’il est question de soutenir le développement de la pratique artistique professionnelle en Mauricie.

Les grands moyens

La Conférence régionale des élus de la Mauricie, le Conseil des arts et des lettres du Québec, ainsi que leurs partenaires, les villes de Trois-Rivières, Shawinigan et La Tuque, et la Commission régionale des ressources naturelles et du territoire, ont lancé dernièrement l’appel de projets dans le cadre du Programme pour les arts et les lettres de la Mauricie.

Ce programme majeur et essentiel contribue concrètement à la rétention et à la visibilité des artistes et des écrivains professionnels ainsi que de la relève professionnelle sur l’ensemble de notre belle région. Avec une telle opportunité à portée de main, il serait inimaginable de s’en priver. Je vous encourage donc sans réserve à y participer. Culture Mauricie peut d’ailleurs répondre à vos interrogations relatives à ce programme et vous offrir un soutien technique si vous désirez présenter une demande.

Les petits gestes

Pour qu’un artiste puisse vivre de son art, il faut avant tout que la valeur de sa performance ou de sa création soit respectée. À ce sujet, je salue l’initiative de Charley Lajoie. Ce musicien de la région a mis en ligne sur Facebook une mise au point à l’intention des personnes désirant engager un musicien. Il y énumère différentes dépenses que l’artiste doit assumer. Le message, abondamment partagé depuis quelques jours, est simple : offrir de la visibilité au lieu d’un cachet décent n’est pas un prix juste pour un musicien. Effectivement, combien de fois avez-vous entendu parler d’un artiste invité à se produire gratuitement ou pour un cachet ridicule, sous prétexte que cela lui apporte de la visibilité? Son appel se veut un cri du coeur pour la reconnaissance du métier d’artiste : «Pensez-vous qu’un plombier, charpentier, coiffeur, médecin, opticien, électricien, mécanicien ou épicier accepterait de travailler pour vous gratuitement?». Tout en saluant l’initiative, je me désole de voir que ce message doit encore et toujours être répété.

Toutefois, si les grandes organisations continuent à investir en culture comme elles le font avec le Programme pour les arts et les lettres de la Mauricie et si chaque personne qui doit engager un artiste le fait à juste prix, nous serons sur la bonne voie pour affirmer que la Mauricie est une région extraordinaire pour vivre de son art.

François St-Martin
Président
Culture Mauricie