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** Artiste professionnelle
Démarche artistique
Ma démarche constamment en développement, à la limite de la psychanalyse, consiste essentiellement au fil de mes étapes de vie en la conquête continuelle de soi par la créativité.
Tôt dans ma production artistique, l'automatisme dont je nourris les premiers gestes créateurs fit la rencontre de grands archétypes habitant les contes de fées. La lecture d'ouvrages sur la question m'a convaincue de donner droit de cité aux troubadours de mon enfance pour découvrir l'essence de messages répétés de siècle en siècle et de continent en continent. S'ouvrait dans une première phase de production une longue période au cours de laquelle la peinture à l'huile et l'encre de Chine se sont acharnées à débusquer les êtres fantastiques camouflés dans les premières taches de couleur jaillies sur la surface blanche. La deuxième phase, dont la majorité des oeuvres a fait l'objet d'une exposition portant le titre de «Pour des siècles et des siècles» s'est largement inspirée de l'architecture sacrée française, et de ce fait, positionne le message dans un créneau mystique et métaphysique. La proximité, dans l'Absolu, du pouvoir créateur (profane) par rapport à la spiritualité (sacré) génère la rencontre de traces d'un héritage religieux intemporel et universel et de corps d'individus, principalement de femmes.
S'inspirant des bâtisseurs de cathédrales européennes du Moyen-âge, dont le métier combinait le geste profane à la noblesse d'un message sacré, évident dans les vitraux, ces fenêtres ouvertes sur l'infini, la symbolique est chargée d'archétypes dont la profondeur de la signification sacrée est annoncée par des éléments d'architecture de lieux de culte.
Une troisième phase, intitulée «Libérer l'âme», maintient la présence du créneau spirituel bien que le soutien d'accessoires pour s'en convaincre ne soit plus requis. L'auteur comme le spectateur rencontrent l'âme. Point n'est besoin d'artifice.
Les compositions s'allègent dans la structure. La complexité habituelle des compostions cède le pas à une légèreté de facture, de couleurs et à une certaine imprécision des formes, de même qu'à l'addition d'éléments inhabituels, notamment un bestiaire mythologique.
À l'étape actuelle de mon cheminement la porte s'ouvre sur l'exploration picturale de la très mystique Marie de l'Incarnation dont la communauté a occupé un rôle de premier plan dans la fondation de Trois-Rivières qui célébrera ses 375 ans d'existence en 2009.
Éléments biographiques
Née en 1948 au lendemain de la parution, au Québec, du «Refus global», ma démarche artistique a pris ses assises, avant de se personnaliser, dans l'approche automatiste prônée par le peintre Paul-Émile Borduas et ses collaborateurs, approche faisant l'objet du manifeste.
Imprégnée de ce contexte de remise en questions, j'ai épousé alors dans la plus parfaite harmonie l'approche des Automatistes. Il m'apparaissait tout à fait légitime et appropriée dans les circonstances d'aborder la création artistique en donnant libre cours à l'œuvre qui jaillit de l'intérieur, mue par une force inconsciente révélant par le fait même à l'auteur une réalité inconnue à ce jour et le propulsant dans un processus incessant de croissance personnelle.
Après une première décennie de production artistique, j'ai œuvré à partir de 1982, à titre de professionnelle de la communication mettant mon sens de la créativité à profit dans le développement et l'élaboration d'outils et de mécanismes requis par mes fonctions. Malgré une certaine satisfaction professionnelle, j'ai progressivement eu maille à partir avec un sentiment récurrent d'imposture. Une évidence s'imposait: l'artiste réclamait une survie pure et simple. Cohérente avec ma démarche fondamentale, je n'ai eu d'autre choix que de l'admettre et de vivre par et pour l'art depuis 2004.
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